Chiot · Premiers jours
Votre chiot vient d’arriver. Vous voulez bien faire, et c’est précisément pour ça que vous risquez d’en faire trop. Il vient de quitter sa mère, sa fratrie, son éleveur et tous ses repères. Pour lui, il vient d’atterrir dans un pays étranger.
Les trois premiers jours ne servent pas à l’éduquer. Ils servent à le rassurer.
Il doit d’abord comprendre qu’il peut compter sur vous. Voici comment j’organise ces premiers jours avec mes clients.
Le trajet jusqu’à la maison
La cage de transport est souvent la meilleure solution : le chiot a moins de pression émotionnelle que s’il est libre dans un habitacle qu’il ne connaît pas. Les bras peuvent fonctionner sur un trajet court avec un chiot calme qui se blottit contre vous. Sur trois heures de route, c’est rarement le cas.
À éviter : le coffre, la plage arrière, et la ceinture de sécurité. Attacher un chiot qui ne comprend pas ce qui l’immobilise, c’est du stress gratuit.
S’il couine dans la cage, ne faites rien de particulier. Roulez, parlez calmement si vous en avez envie. Il couine parce qu’il perd tout, pas parce que la cage est dangereuse. Si vous mettez la main dans la cage chaque fois qu’il couine, vous lui apprenez que couiner fait venir la main.
Le premier jour : ce qu’on évite
- Pas de dressage. Lui apprendre « assis » le jour de son arrivée, c’est lui imposer une séance d’école alors qu’il découvre tout.
- Pas de friandises les deux ou trois premiers jours, sauf pour une seule chose : le pipi dehors.
- Pas d’hyperstimulation. Pas de défilé de famille et d’amis, pas une montagne de jouets. Laissez-le arriver.
- Ne le forcez pas au panier. S’il vient se coller à vos pieds, laissez-le. Dans ce chaos, vous êtes son seul repère.
- Ne partez pas. Même « juste deux heures ». Partir le jour même, c’est lui faire vivre un deuxième abandon dans la même journée.
- Ne criez pas, ne le plaquez pas au sol. Jamais, et encore moins le premier jour.
Le premier jour : comment ça se passe bien
Vous ouvrez la cage de transport, dans le jardin ou dans le salon. Et vous ne faites rien. Le chiot sort quand il le décide. Vous faites votre vie normalement, sans le climat tendu du « chut, on ne le regarde pas ».
Quand il vient chercher le contact, vous caressez. C’est le bon moment pour glisser le collier, dans le mouvement, sans en faire un événement.
Première sortie : quinze minutes, en longe, pas en laisse courte. Un chiot suit d’autant mieux qu’on l’attache moins.
Le repas : vous posez la gamelle, c’est tout. Pas d’« assis », pas d’« attends ». S’il arrête de manger dès que vous vous éloignez, restez à côté.
S’il fait pipi à l’intérieur, vous ne dites rien. Il ne le fait pas pour vous embêter : il a des émotions, et ses sphincters ne sont pas encore formés. Il fait pipi dehors ? Récompense immédiate. C’est la seule friandise des premiers jours.
La première nuit : dans votre chambre
Votre chiot dort dans votre chambre, porte fermée. Pas dans votre lit, dans votre chambre.
Le laisser seul dans la cuisine ou le salon pour « qu’il s’habitue », c’est le punir alors qu’il n’a rien fait. Oui, il finira par arrêter de pleurer. Mais vous aurez mis de la distance entre lui et sa nouvelle famille dès le premier soir.
Pensez à une sortie juste avant de vous coucher. Les premières nuits, prévoyez de vous réveiller environ toutes les deux heures pour le sortir, puis allongez progressivement l’intervalle. Et ne retirez pas l’eau le soir : boire est un besoin, pas une variable d’ajustement.
Il dormira seul plus tard, une fois qu’il saura rester seul dans la journée. C’est le même apprentissage, dans le bon ordre.
Les jours suivants
À partir du troisième ou quatrième jour, vous commencez à construire : sorties quotidiennes et progressives, propreté (sortir toutes les heures, après les jeux, les repas et chaque réveil), premières manipulations douces des oreilles, des pattes et de la gueule. L’apprentissage de la solitude, lui, commence vers trois mois et demi, par petits paliers.
Si votre chiot a vécu une arrivée chargée (beaucoup de monde, de bruit, un long trajet), restez plus longtemps sur des sorties très calmes avant d’augmenter la difficulté. Pour comprendre pourquoi cette période compte autant, lisez l’article sur la période d’imprégnation. Et si vous n’avez pas encore adopté, commencez par mes conseils avant, pendant et après l’adoption.
Quand demander de l’aide
Un chiot qui se cache en permanence, qui sursaute à tout, qui ne mange plus, ou qui mord beaucoup au-delà de quelques jours : ça se regarde tôt. Si vous constatez un problème de santé, par exemple s’il urine très souvent, voyez d’abord votre vétérinaire.
Pour le comportement, je propose un bilan d’une heure, offert, à domicile et sans engagement, à Alès et dans le Gard. Demander mon bilan offert, ou appel/SMS au 06 46 60 69 93.